Monique Goualou nous révèle l’icône comme une matière première

Aux limites du langage, nous cherchons le rythme spectrale de l’image. Elle représente un au-delà du sens et fait signe. Pour reprendre Roland Barthes, nous dirons qu’elle elle est une matière informationnelle. Nous l’identifions, l’interprétons et lui rendons sa légende. L’image démasque l’apparence, prend alors forme d’une apparition et d’une parole vivante qui s’adresse à nous, à nos profondeurs.

Une identité visuelle permet de lire la structure morphologique d’un lieu. Nous pouvons nous le figurer et l’en-visager. Nous passons à la fois par une image médiatrice et visitons sa signalétique. Un pur signe graphique nous conduit à une figuration réaliste. L’iconicité se situe entre l’abstraction et un réalisme optimum. Le dessin fait irruption dans le réel pour en accroître le sens et la narration. Ainsi, par l’image religieuse, nous abordons un imaginaire commun et nous nous approprions l’espace, un contexte et une dynamique universelle. Le signe dénude une réalité, délie une présence qui s’accomplit comme un chant sous l’œil contemplatif. A ce titre, je cite Monique Goualou : « L’Un est inaccessible à l’expression, à la réalité. Ce vide crée un désir, une expression négative, imaginaire, un rêve. Mais pas n’importe quel rêve. Ce vide crée un rêve qui n’est pas  impasse, fuite, éloigné du monde ; un rêve qui est synonyme de recherche de l’Un, d’unité, d’amour ; un rêve qui est une mystique. Par l’amour, ce rêve devient concret, charnel, Assemblée. » 

L’icône est empreinte de lumière et restitue les traces de l’invisible comme le Saint Suaire de Turin. Elle est éclairée de l’intérieur et en cela, l’icône révèle. En elle, le modèle est fétichisé dans une fable indéchiffrable. Celui qui la regarde est-il alors encore sujet ou totalement annexé par la plénitude et la béatitude ?

Les traits de l’icône dessinent l’accès au divin par des lignes de force maîtrisées. Le peintre rassemble la diversité de notre humanité dans une épure sensible et révélatrice. La réalité immédiate devient intrinsèquement surnaturelle par un signe. L’image re-con-nue devient alors un paysage natal sur une échelle imaginaire verticale. Je cite Monique Goualou : « Cette icône a disparu, mais le geste symbolique de la caresse s’est répandu dans l’art de l’icône. Ces figures de l’iconal, gestes de tendresse, larmes, caresses sont des signes de l’humanité dans la divinité. »

Gardienne du Mystère, l’icône répond aux questions que nous posons aux fées et son secret devient un reposoir. C’est une chair spirituelle qui fait irruption dans la matière. C’est une lumineuse éclosion des correspondances où le monde fait corps avec le signe qui l’émet. Dans cette écriture divine, nous partons dans une alphabétique aventure. Lorsque l’icône libère sa présence, nous possédons une éminente nomination.

L’icône nous dévoile une face douée d’une brillante lucidité éprise du vivant et du visible. Le souffle divin cherche là sa propre résonnance dans une patience mûre. Le spectateur est face à l’icône dans une parenté de lumière, le mystère devient alors transparent et nous accédons à la douce lueur du secret qui nous regarde. Les larmes sont une figure de l’icônal. Elles retiennent la Lumière et nous redonnent une face d’homme.

Nous sortons de nous-mêmes et de la sphère de la question pour entendre une réponse infinie et découvrir une civilisation verticale et sacrée. Nous éprouvons là notre propre essor. L’Enigme nous fonde dans sa parole et promesse originelle, nous habitons alors le Mystère qui nous enveloppe de silence. A travers l’icône, nous nous rendons à lui. La réalité devient celle de notre origine et la vérité s’immisce et dessine notre destinée. Devant l’icône, nous trouvons marque de notre initiation à l’existence et devons nommer notre nature véritable pour la rendre possible et vivante.

Au prisme de l’icône, nous enracinons notre symbolisme le plus fertile et nous ouvrons aux voies divines. Je citerai cette phrase de Léo Hartong « Aimez le mystère au lieu de  résoudre l’énigme ». Lorsque nous sommes éveillés à la rumeur de l’Enigme, nous pouvons accueillir le Mystère et laisser advenir sa poésie. 

Anne de COMMINES

Myriam Montoya, L’Espace d’une Nuit

Myriam Montoya nous vient de Colombie et écrit d’une langue à l’autre. Elle transfère le sens, le creuse en constituant son identité individuelle et poétique. Sa plume migrante est réfractée, décomposée, recomposée puis partagée. Elle recherche un espace-temps habitable à travers une identité composite, une plume exigente et une empreinte propre.

Dans son souffle souterrain » où résonne des échos, nous plongeons dans les visions qui s’en élèvent. Je la cite : cette torsion permanente du mouvement apprivoisé.

Sa poétique est plantée de tensions, de souvenirs, de tous les angles de l’exil. Entre naissances et déchirures, Myriam Montoya dit la consistance du réel, parfois sa pesanteur… Elle évoque l’inconnu cette moitié de néant qui nous survit. Je la cite : Mon regard fleur de refus, flèche du désir, fissure presente. Le rien s’écoule des mains comme un temps inapprivoisé et monte vers les hauteurs tel un absolu rêvant.

Myriam Montoya marche dans un ‘ailleurs’ où elle crée des liens confidents ou réinvente des rencontres-collisions avec l’autre. Chez elle, sonne l’interférence permanente entre les cultures. Dans ses marges tracées, elle ouvre des portes qui se mesurent à l’horizon, seule borne à son exil. En quel oxygène cherche-t-elle un air qui n’est pas le sien ? En quel refuge veut-elle nous retenir ? Je la cite : son abstraction mesurant notre passage. je profane les pelouses interdites.

Avec nostalgie et justesse, elle puise aux essences, les spasmes de l’éclair, que les dieux fumants déserteront avant désolation. Je la cite : ils jouissent de l’extase transitoire de jeunes dieux. Dans la poésie de l’auteure, nous pouvons aussi extraire des émerveillements éclatants, des lignes frontières où le monde nous épouse avec ravissement. Myriam Montoya erre et chemine avec l’allure pour trace indomptable.

Dans son écriture nous sous-pesons et sommes perforés par le poids de l’Etre dans une « solide pulsation ». Sa plume nous imprime et nous élève au grade du réel lorsque le destin fait irruption dans l’obscur. L’auteure se fraie alors une place dans la nuit, au pied des vastes inconnus. Je la cite : Matière, impulsion divine, décomposition organique, nous sommes. Je la cite encore :

Un poinçon de silence scinde l’être
dans la raideur momentanée de l’anesthésie
Perforations
Déchirements
Rituel accessoire du gaspillage
pour exorciser le néant.

A lignes épurées, Myriam Montoya perce la matière première des événements les plus intenses. A pas lumineux, elle nous tend la nuit pour espace brut et nous y trouvons refuge. Je la cite : Que la conscience de vie soit monnaie unique d’avenir.

Anne de COMMINES

Pierre Meige, l’utopie poetique

Auteur, essayiste, poète, compositeur interprète, Pierre Meige est un troubadour, un messager poétique. Il est à l’écoute des rumeurs humaines, des palpitations, des petites voix qui éclosent dans nos cieux intérieurs. Pétale après pétale, il cueille les saisons du cœur et les dépose dans nos mains comme le songe d’une étoile.

Veilleur des âmes et des gens de bonne volonté, Pierre Meige écrit et chante dans l’alvéole sensuelle et langoureuse de nos naissances. Ses mélodies et ses mots sont doués d’une plastique, généreuse. Il exprime et rêve des instants chers où la musique et la poésie mûrissent sur les échelles de la lumière.

Une énigme fondatrice raisonne dans sa poétique. Elle nous fait flotter dans cette profondeur du temps qui en suinte, habitée parfois de fantômes et de figures littéraires.

Chantée ou dite, l’écriture de Pierre Meige lest une véritable poésie. Elle est à l’écoute du monde vivant, elle réinvente la parole des anciens et on devine la langue des oiseaux. Elle baptise et bénît les noces de la langue et du cœur. Il livre un miroir clairvoyant à nos belles transparences. Avec lui, les paroles oubliées résonnent magiquement.

Engagé, Pierre Meige, veut faire entendre les voix basses. Il marche dans un œil que nous ne connaissons pas toujours, il fait revivre les mots sourds, ces éclats de lampes que nous ne comprenons pas.  Il redonne vigueur à ces lumières fossiles qui souhaitent ardemment nous habiter.

Dans ce monde malade du matérialisme, Pierre Meige, rend leur place cardinale à l’imaginaire, aux grandes lectures sincères et parfois démesurées qui vous sauvent de l’entropie. Comme dirait Jean Ferrat : La souffrance enfante les songes. Chez Pierre Meige, l’imagination est la source de toutes les utopies dont notre réalité est une provisoire concrétion. Elle implique la seule chose qui vaille aujourd’hui et demain : l’aspiration entière à la liberté, cet horizon humain, sensible, éclatant, irréfragable.

Avec Pierre Meige, nous nous souvenons du temps nu, de l’enfance et de sa source. Nous empruntons la genèse de la peau, à l’Est du verbe Etre. La Vérité sécrète ses passages à travers des silences qui se créent. Méditation sensitive, ascèse sensible où s’exerce la vision. Le Mystère nous lie et nous lit de l’intérieur dans le serment du silence – chair spirituelle de l’Invisible.

Pierre Meige distille l’oxygène du réel, il le concentre en altitude. Son regard, tient une belle place, il est vertigineux, dénudé, parfois violent. Il est parcouru par une tension constante qui interroge le ciel de face.  Il semble au bord de l’horizon, prêt à tomber comme une question. Ses mots arrondissent le monde et sa poésie grave en nous sa poussière sculptée.

 

Anne de Commines

Printemps des Poètes, Pont Mirabeau, 15 mars 2014

Bonjour à tous.
Vous trouverez ci-joint le programme complet de la séance organisée à la Maison des Associations du XVe arrondissement
le samedi 15 mars, de 16h à 19h30, à l’occasion  du Printemps des Poètes.

Le programme est aussi sur la page de l’Association :
http://pont.mirabeau.free.fr/

Au plaisir de vous y rencontrer nombreux.

Anne de Commines

Voici les programmes du Printemps des Poètes que j’organise ce samedi 15 Mars
téléchargeables au format PDF.

Programme

 

 

ANNE DE COMMINES

Ecrivain, essayiste, poète, Anne de Commines publie régulièrement depuis une quinzaine d’années. Ses textes sont étudiés à la faculté de Lille et au Sudden Théâtre dans le cadre d’un module poétique. En collaboration avec le metteur en scène François Bourcier, elle écrit également à titre poétique pour la scène et pour le Festival d’Avignon –  Femmes passées sous silence, Ivre d’Equilibre, Carte blanche à Michel Caserta, Entre chien et loup, Race(s). Ses créations poétiques sont également régulièrement interprétées au théâtre par Christine Beauvallet – notamment à la Cartoucherie de Vincennes et au théâtre du Lucernaire. En 2010, elle collabore avec Philippe Tancelin à la 1ère Nuit Blanche de la Poésie au Théâtre de l’Epée de Bois (Cartoucherie de Vincennes). Outre des essais dans le domaine économique, Anne de Commines est devenue biographe et romancière pour le compte de tous ceux qui souhaitent relater leur parcours entre les lignes. Avec sensibilité, elle écrit le sens des actions humaines, interroge les passions, les met en perspective et les romance avec intimité et accent tonique.

Bienvenue aux Mots Arts Associés

Anne de Commines vous reçoit aux Mots-Arts Associés où chacun peut se mettre en lignes.
Poète, romancière, essayiste, l’auteure écrit pour vous, lorsque vous avez un récit dans votre tête ou dans vos tiroirs. Itinéraire individuel, vie romancée, monographie d’entreprise…
Anne de Commines vous écoute, vous écrit et vous fait publier.

Elle traite vos propos, avec une plume sensible et architecture vos livres
selon le cheminement des œuvres littéraires.

Forte d’une trentaine de publications poétiques, essais et pièces de théâtre,
elle lève un verbe à votre histoire et vous met en scène.