GIOVANNI DOTOLI OU LES PUISSANCES VIBRATILES

La poésie de Giovanni Dotoli est pareille à la musique, elle est science des accords. Elle révèle la lumière, fait apparaître les sources et illumine les traces. Ponctuée de fréquences harmonieuses, elle apporte relief et profondeur au dire des choses. Terrestre et aérien, l’auteur éprouve les horizons, sème des émulsions et apprivoise les hauts rythmes de l’invisible. Chez lui, la beauté est puissance du Beau, elle en fait retentir le Verbe et l’assemble dans nos cœurs affamés. Je le cite : Le rythme du cœur est la partition de l’âme.

Giovanni Dotoli nous révèle le monde intelligible comme une émanation de l’être. Le monde sensible est celui du devenir. Cette distinction est essentielle, car elle introduit de facto la nécessité d’un temps et d’un espace comme supports « matériels » du monde sensible soumis à nos modulations incessantes. Dans sa poétique, le temps et l’espace peuvent être eux-mêmes considérés comme les images sensibles de l’éternité et de l’infini du monde intelligible. Je le cite : La poésie est la narration énigmatique de ce qui nous entoure.

A travers sa poétique, l’auteur visite et reproduit l’essence même de la réalité qui nous entoure, nous souffle et nous incurve. Il nous donne rendez-vous dans nos terres propres et sacrales. Il orne la raison dans une harmonieuse éloquence et perpétue l’éclair dans le mouvement même de nos chairs. Sa poésie est métaphysique, “perle de la pensée” comme l’écrit Alfred de Vigny, les variations audibles de l’âme. Ainsi, Giovanni Dotoli capte l’Eternité et fait de l’existence le savant rythme de l’espoir. Je le cite : L’Amour est une âme en mouvement.

A travers son art, il travaille, cisèle, organise la parole pour en extraire la beauté comme une verticale instructrice. Chez lui, le texte est une perpétuelle apparition, une lente et précieuse résurrection. Giovanni Dotoli traduit, transmet, suscite un état, qui accroît en nous la sensation de l’Etre. Par là nous apprenons notre présence au monde et élevons notre conscience du mystère. Le réel devient vision, nous la palpons et elle nous transcende. Elle devient respiration spirituelle. Je le cite : Le cœur respire le mot. Le cœur rythme l’origine.

En poésie, l’essence du langage suit la motivation du signe. La poésie ouvre la langue pour la rendre plus apte au dévoilement. Méditée ou inspirée, la parole de l’auteur se fait écho sonore du monde et recueil de nos contemplations. “Le poète boit aux sources du langage écrit Paul Valéry. Les mots chez Giovanni Dotoli timbrent le rêve, le font vibrer et ses silences miment le mystère inlassable du monde qui nous contient et nous érige. Je le cite : La parole ancestrale continue sur la bouche de l’Etre. L’écriture de l’auteur est alors flux et palpitent nos constances, nos reflets dans ses ralentis.

Les harmoniques de Giovanni Dotoli modulent les secrets et l’énigme. Nous en goûtons les attraits émotifs et avec lui, nous en rencontrons l’esthétique. En nous résonnent et se propagent les accords de l’idéal comme une synthèse et une unité civilisatrice. Je le cite : La conversation est un cristal. Tailleur de symboliques naturelles, le poète contracte des formes primitives et nous en donne la magnifique intuition.

Anne de COMMINES

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